Tribune publiée par l’Humanité : https://www.humanite.fr/en-debat/climat/pour-un-proces-de-lextreme-droite-ecocriminelle-devant-un-tribunal-international .
L’extrême droite du XXIe siècle serait-elle moins redoutable que celle du XXe siècle ? Salomé Saqué, dans son dernier livre, « Résister », montre avec brièveté et clarté l’existence d’une continuité entre les deux. Toutefois, l’extrême droite du XXIe siècle possède une singularité qui nous amène à la nommer extrême droite écocriminelle.
Dès l’ouverture de son second mandat de Président, Donald Trump s’est affairé à combattre la déjà bien trop faible mobilisation internationale face au réchauffement climatique, face à la dévastation de la bio-sphère. Sur le territoire des États-Unis, non seulement il ne tient pas compte de la connaissance scientifique relative au climat et à l’environnement, mais, de plus, il mène une entreprise de destruction de la science.
Il se comporte comme un médecin fou qui, face à la fièvre d’un patient, refuserait de considérer ce que lui montre le thermomètre et ordonnerait la destruction du précieux instrument. Cette politique a des conséquences mondiales. Les sciences du climat et de l’environnement sont mondiales, leur composante étasunienne est essentielle. Le sabordage trumpiste de la science étasunienne constitue une entrave de portée mondiale à la connaissance du réel, sans laquelle le politique est aveugle. L’enjeu est vital pour toutes les populations. Y compris celle des États-Unis.
En 1893, le sociologue Émile Durkheim définissait le crime comme un acte qui choque la conscience commune. Quelle femme, quel homme informé et sain d’esprit peut, en conscience, ne pas être profondément choqué par la politique d’aggravation du réchauffement climatique et de dévastation de la bio-sphère menée par Donald Trump ? Il y a là un crime d’une nature inédite dans l’histoire humaine.
Un crime que nous pourrions nommer Crime environnemental global, ou encore Crime de globocide1, que nous pourrions définir comme « un acte qui – selon les connaissances scientifiques – contribue fortement ou pourrait contribuer fortement à une dégradation irréversible et d’une extrême gravité des conditions de vie des populations humaines et non humaines sur notre planète Terre, si ce n’est à une impossibilité de survie ». Demain, coupables de tels crimes de portée planétaire, les principaux responsables du trumpisme et de l’ensemble de l’extrême droite écocriminelle devront être jugés par un tribunal international2.
L’extrême droite écocriminelle n’est pas cantonnée aux seuls États-Unis. Elle est aujourd’hui au pouvoir dans plusieurs pays d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud. En France, elle est activement soutenue par l’extrême droite trumpiste, mais aussi par son ex-ami Vladimir Poutine. Depuis deux ans, à la suite des élections européennes, puis de la dissolution de l’Assemblée nationale, son orientation écocidaire pèse déjà3 sur les pouvoirs législatifs de l’UE et de la France.
1 Voir, publié le 6 juillet 2026 par le journal Le Monde, L’appel des 100 pour une Loi d’urgence climatique et la reconnaissance du crime de globocide : https://bloomassociation.org/lappel-des-90-pour-une-loi-durgence-climatique-et-la-reconnaissance-du-crime-de-globocide/
2 Voir, publié le 3 juin 2025 par le journal Libération, Il faut un tribunal international pour poursuivre les responsables de politiques écocidaires : https://marcdelepouve.fr/2025/06/05/il-faut-un-tribunal-internationalpour-poursuivre-les-responsables-de-politiques-ecocidaires/
3 Voir, publié le sur le Club de Médiapart, Climat : le talon d’Achille du RN : https://blogs.mediapart.fr/marc-delepouve/blog/180626/climat-le-talon-dachille-du-rn